Sans laisser d'adresse

Publié le par Bibliofractale

sanslaisserdadresseQuand on regarde en arrière, il y a des constatations parfois réjouissantes.

Plus de nouvelles de Bébert le tortionnaire, celui qui nous tirait les cheveux en maternelle.

Bon débarras !

Exit Duval-Dudule, celui qui partageait notre bureau et qui confondait sous sa douche flacon d’huile de foie de morue et shampooing.

Ouste !

Et puis il y a parfois des petits pincements de nostalgie. Pour une rencontre aussi éblouissante, intense, que brève.

Mais est-ce parfois bien utile de remuer le passé ?

 

 

 

Sans laisser d’adresse

Harlan Coben

Belfond (Noir) ; 347 pages ; 21,50 euros

 

Allo, Allo ? Myron, y’a l' téléphon qui son ….

Myron Bolitar, ex star du basket, recyclé dans les relations publiques, accessoirement détective pour rendre service, reçoit un coup de fil de Thérèse Collins. Surprise !

Après une courte mais passionnée relation amoureuse quelques 10 ans auparavant, de brèves retrouvailles 3 ans après, et un silence de … donc 7 ans, elle réapparaît dans la vie de Myron pour lui demander de venir la retrouver toutes affaires cessantes à Paris.

Pour une nuit de rêve, peut-être ? Mais surtout pour l’aider à retrouver son mari qui a disparu. Enfin, son ex-mari. Qui devait lui faire certaines révélations.

Mais pffuit ! Envolé, disparu, plus d’abonné au numéro demandé.

Voilà qui n’arrange guère Myron, qui doit gérer en même temps le départ peut-être définitif d’Ali, la femme qui partage sa vie.

Mais il prend quand même l’avion pour Paris, et découvre à l’atterrissage un comité d’accueil peu réjouissant. Et que venez-vous faire, et qui venez-vous voir, et patati, et patata…Heureusement, le capitaine Berléand n’est pas un si mauvais bougre, et laisse partir Myron.

Ensuite tout va aller très vite ! Myron réalise qu’il est suivi, Thérèse lui apprend que son mari était peut-être sur la piste d’un complot terroriste. Lorsque Berléand vient l’embarquer à nouveau, c’est que les nouvelles ne sont pas bonnes du tout.

Pas la peine de chercher Rick, le mari de Thérèse.

Il est à la morgue.

Plus déroutant : sur le lieu du crime, du sang, bien sûr. Celui de Rick. Mais pas seulement. Egalement celui d’une autre personne.

Les analyses ADN seront très troublantes.

Myron, il va falloir faire très attention ! C’est bien gentil de jouer les preux chevaliers pour les beaux yeux de Thérèse, mais les meurtriers de Rick sont bien décidés à ce qu’on leur fiche la paix. Alors gare !

Et puis il faut compter avec Berléand, qui lui doit composer avec son gouvernement. Quand il est question de terrorisme, pas question de faire n’importe quoi et de laisser les coudées franches à un basketteur !

Heureusement, Myron a une équipe de rêve, solide, fiable, toujours là au bon moment ou presque, avec ce qu’il faut d’astuces, de moyens, ou de relations pour venir à bout des situations les plus complexes.

 

Mé moua non plous yé né pas changé, yé souis touzours lé jéne homme étrangé… qui té disé des poèmeuh…

Mais qu’est-ce que je raconte ! Pardon ! C’est l’émotion !

Alors, soyons franche comme toujours.

En général j’aime bien Coben. Mais je n’aime pas Myron Bolitar.

Il me laisse au mieux gentiment indifférente, avec la vague impression que Coben est totalement schizophrène.

Parce que lorsque je lis un opus des aventures de Bolitar, j’ai la sensation que c’est un autre Coben qui l’a écrit. J’sais pas… genre dédoublement de la personnalité ? Crise de somnambulisme ? Je n’y retrouve pas vraiment « la patte » de Coben.

Là, comme d'habitude, c’est différent des œuvres « hors Bolitar » mais qu’est-ce que je me suis amusée !

C’est drôle, alerte, bourré de petites phrases comme je les aime.

Il y a des retournements de situations entre l’invraisemblable et l’absurde.

Il y a des coups de pouce du destin qui ont la subtilité de grosses mêlées de rugby.

Il y a des personnages à la limite de la caricature et de la crédibilité.

Mais :

Qu’est-ce que c’est bien ficelé ! Coben nous embarque dans une aventure trépidante, en y mélangeant plein d’ingrédients pris à droite et à gauche, et ça fonctionne très bien.

Il y a du rythme, du suspense, de l’amour, de l’humour, plus des tas de bricoles bien sympathiques.

Plus un clin d’oeil à notre Berléand national (que j’adore soit dit en passant), plus une grosse bouffée d’amour pour la France. Absolument !

Non, je ne suis pas chauvine. Pas pour deux sous ni deux euros.

Mais pour une fois qu’un américain ne plante pas un décor français avec une Citroën 2CV, un béret basque, et un camembert au lait cru….

Et il y a un complot terroriste… ma foi, pas mal du tout.

 

Bref, un bon livre, divertissant, qui fait passer un bon moment. Bonne pioche.

Je ne dirai plus de mal de Myron !

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