Entretien avec Hugo Buan

Publié le par Bibliofractale

beckenra city hbAprès avoir lu " J'étais tueur à Beckenra City ", j'ai eu envie de poser quelques questions à Hugo Buan.

Et croyez-moi, mes chatons, ce n'était pas gagné d'avance. Car cet homme-là préfère de loin parler de peinture, ou de bord de mer.

Ou des livres d'autres auteurs.

Bref, Hugo Buan est l'un des auteurs bretons les plus mystérieux et les plus réservés.

 

Mais il a très gentiment accepté de se prêter au jeu, et de nous en dire un peu plus.

 

Merci Hugo !!

 

 1 - Hugo Buan, que diriez-vous pour vous présenter à vos lecteurs, et lecteurs potentiels ?

 

Je dirais que je suis un homme qui a dépassé l’âge légal du travail et que c’est pour cela que je mets les bouchées doubles. J’écris des polars. J’ai ouvert une galerie d’art à Saint-Malo régentée sous le régime associatif Loi 1901, afin d’aider le maximum de jeunes ou moins jeunes artistes à avoir le plaisir d’exposer dans une galerie. J’ai vécu la majorité de ma vie à Saint-Malo, ville que j’aime, même si pour l’instant j’habite Dinard.HBEV 1

 

 2 - Dans ce cinquième roman, pas de commissaire Workan ! Ne pas retrouver le savoureux héros de vos quatre premiers livres, cela va être une surprise pour vos lecteurs, certainement. Alors, pourquoi l’avoir abandonné le temps d’un roman ?

 

Je pense qu’une série aussi bonne soit-elle (je ne pense pas à la mienne ) subit un phénomène d’érosion quant à l’intérêt du lecteur et un phénomène de déjà écrit pour l’auteur. Mais rassurez-vous si vous aimez Workan, j’estime cette usure entre huit et dix aventures, il en reste encore au moins six à découvrir. Bien fait pour vous !

 

 3 - Voulez-vous nous refaire une présentation de ce nouveau roman façon « quatrième de couverture » pour tenter les lecteurs ?

 

Alors, allons-y façon quatrième de couverture.

Beckenra City est une mégalopole, une ville-vallée presque inaccessible traversée en son milieu par un fleuve monstrueux et bordée au nord par des montagnes, protégée à l’est et à l’ouest par des marécages. Au sud, des rochers brisants empêchent l’océan d’y créer un port… Beckenra est une vallée qui se voudrait indépendante dans le Royaume Démocrate.

 C’est dans cette ville, que l’on pourrait situer en Amérique du Sud, que vit Leonard.

Leonard qui est encore adolescent lorsqu’il est recueilli à seize ans sur un trottoir de Beckenra, (il est amnésique) va devenir un des pires tueurs de son Pays.

Chasseur de primes. Tueur à gages. Tueur psychopathe. C’est lui Leonard qui nous le raconte, tranquillement, paisiblement (enfin presque) sans aucune animosité sauf pour les marécageux, ces zombies qui vivent hors de « sa » société. Leonard évoque ses deux premiers crimes… Ont-ils tracé la voie de son existence ? Certainement. Mais dans quelle mesure ?...Leonard va servir toutes les causes qu’il croit justes… À ses risques et périls.

Ce récit de Leonard nous transporte avec lui dans l’acceptation d’un contrat sur la tête de la Bourgmestre de Beckenra, Luth Miller, jusqu’à sa conclusion. Va-t-il réussir à tuer la belle Luth ? En tout cas, il va y déployer toute son énergie…

 

3 - L’action de ce roman se situe dans un pays imaginaire. Pourquoi ce choix ?

 

Il élimine les contraintes géographiques. Cependant il faut respecter une certaine rigueur. Mais je ne conçois pas l’écriture sans fantaisie et par définition l’auteur se doit d’être imaginatif. C’est assez jouissif de créer une ville sur papier et ensuite de s’y promener en toute impunité.

 

 4 - Il y a un réel souci du détail, jusqu’à l’urbanisme même de la ville. C’était important pour vous ?

 

Oui, j’ai une formation de Génie Civil et j’ai dessiné des ponts, des parkings souterrains, des bâtiments et des tas d’autres choses, une grande partie de ma vie. Je suis un homme de chantier. Aussi quand je conçois des tours sur des pieux et des longrines, je sais de quoi je parle. J’ai créé un jouet pour que mes personnages déambulent, se cherchent, s’entretuent. La vie, quoi !

 

 5 - Leonard, un bien étrange personnage. Si vous nous en disiez un peu plus sur lui ?

 

Je ne pense pas qu’il soit aussi étrange que ça. Il existe des hommes comme lui dans toutes les parties du monde. Mais il est vrai que par son action, son fonctionnement voire sa ténacité, c’est un personnage assez rare. Il défend une cause qu’il croit juste. Il a tort, ce n’est pas en éradiquant les zombies comme il les appelle qu’il va régler le problème de la société de Beckenra. Sans être visionnaire, il met en avant le problème de nos sociétés en général qui laissent se paupériser des grandes fanges de la population. Il pressent des phénomènes de révolte pour ne pas dire de révolution.

 

 6 - En refermant ce livre, il reste encore beaucoup de zones d’ombre quant au passé de Leonard. Est-ce volontaire ? Pourrait-il y avoir d’autres romans dont il serait un des personnages en revenant, par exemple, sur son adolescence ?

 

Oui, les zones d’ombre sont volontaires. Soit j’écrivais un très gros livre, soit j’optais pour la solution dilogie ou trilogie. Vous savez comme moi que le monde de l’édition est impitoyable. Philanthropie est un gros mot pour un éditeur. Par conséquent tout dépendra du succès de ce livre. Mais le « premier » volume est en soi un roman fini.

 

 7 - Cette pause entre deux « Workan » sera-t-elle la seule ? Avez-vous envie de proposer régulièrement un héros différent à vos lecteurs ?

 

 Tout dépend de ce que les astres ont prévu pour mon avenir, je ne suis pas un perdreau de l’année. Si par bonheur Saturne est dans mon Vénus, oui chère Christine, j’ai envie de créer de nouveaux personnages.

 

 8 - Les aficionados du célèbre commissaire doivent se demander quand ils pourront découvrir la suite de ses aventures. Voulez-vous maintenir le suspense sur ce sujet ?

 

Non ! Je ne veux rien maintenir de suspendu, j’ai besoin d’un relâchement, d’un peu de bien-être. Workan est un emmerdeur, le côtoyer est fatigant. Mais parce que vous êtes gentille je peux vous dire qu’actuellement il enquête sur un serial killer particulièrement odieux. Sortie fin 2012, début 2013.

 

 9 - La question que vous allez détester : celle que tout le monde oublie, que j’ai oubliée de poser et à laquelle vous mourez d’envie de répondre ?

 

J’aurais aimé que vous me demandiez si j’étais un génie ? Je vous aurais répondu : oui, mais uniquement les jours fériés.

 

 

hugohuab entretien

 

Le site de l'auteur : hugobuan.com

 

Chroniques sur les quatre premiers tomes des aventures du commissaire Workan :

 

Hortensias blues

 

Cézembre noire

 

La Nuit du tricheur

 

L' oeil du singe

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

electricien paris 09/03/2015 05:18

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement

Bibliofractale 22/01/2013 16:19

Oyez oyez !! Je cherche à étoffer ma liste d'éditeurs de romans policiers. Sérieux, et prêts à prendre de nouveaux auteurs sous leur aile. Me contacter en mp si vous possédez ces précieux
renseignements.
Merci d'avance !

Bibliofractale 22/01/2013 16:21



Et bien sûr, vous y gagnerez mon éternelle reconnaissance :-)



La Petite Souris 05/07/2012 18:42

Et dire que je n'ai pas encore trouvé le temps de le lire !! heureusement les vacances arrivent !

Bibliofractale 05/07/2012 18:52



Alors là ... pas bien !!!


Mais heureusement, avec les vacances tu as encore quelques semaines pour te faire pardonner. Sinon je vais me laisser pousser les bras pour pouvoir te tirer les oreilles !!


(défense absolue de répondre " Oh oui, oh oui, je veux voir ça")


:-)



Oncle Paul 04/07/2012 16:53

Bonjour Christine et bravo !
Tu as fait ce que j'ai toujours reporté, un peu par flemme et surtout par timidité : réaliser un entretien avec l'auteur.
Amités

Bibliofractale 04/07/2012 17:33



Bonjour Oncle Paul, et merci !
Mais tu sais, les quelques entretiens que j'ai menés doivent leur existence à notre ami commun Jacques. Car de ma propre initative, jamais je n'aurais osé contacter directement un auteur !
Et je ne pensais pas renouveler cet exercice de sitôt. Beaucoup trop stressant et intimidant !


Pour Hugo, c'est différent. Si ce blog existe, c'est en grande partie parce qu'il a réussi à me convaincre de le créer. Et parce qu'il a eu l'extrême gentillesse d'aimer mes chroniques.
Alors, j'oublie ma timidité quand il s'agit d'amis à interroger :-)


Amitiés !