Un avion sans elle

Publié le par Bibliofractale

avon sans elleRegardez le monde qui vous entoure, et la vie que vous menez. Quelles sont vos certitudes ?

Rien n’est stable, immuable, tout change à chaque seconde.

Vous pensiez réussir votre pâte à pain, et la voilà qui refuse de lever.

Vous étiez certain de pouvoir flemmarder au chaud sous la couette et vous réalisez subitement qu’il vous faut repasser votre chemise pour demain.

Quant à votre famille…. Rappelez-vous. Rappelez-vous bien !

N’avez-vous jamais au grand jamais imaginé, étant enfant « Moi, j’suis sûr, j’ai été adopté, mes parents c’est pas mes vrais parents »… ?


Jamais ?

 

 

 

Un avion sans elle

Michel BUSSI

Presses de la Cité (Terres de France)

532 pages ; 22 euros

 

She's got a smile it seems to me
Reminds me of childhood memories

Oh, oh, oh, oh
Sweet child o' mine

Where do we go ?*

 

23 décembre 1980. Un vol Airbus Istanbul-Paris. À bord, entre autres, deux couples. Chacun voyageant avec un bébé de trois mois, et ayant laissé un autre enfant, un peu plus âgé, à la garde des grands-parents.

L’avion s’écrase près de la frontière franco-suisse. Cent-soixante-neuf passagers, cent-soixante-huit victimes.

Un seul rescapé, un bébé de trois mois : la petite « miraculée du Mont Terrible ».

Quelle est son identité ?

Les grands-parents vont s’affronter devant les tribunaux pour que cette petite fille soit reconnue comme étant la leur. D’un côté, Pierre et Nicole Vitral, une famille modeste de Dieppe. Aux antipodes (et presque dans tous les sens du terme) Léonce et Mathilde de Carville. Famille à particule et industriels prospères.

Deux familles vivant pourtant le même drame et espérant que le sort a au moins épargné leur petite-fille.

Alors, ce bébé : est-ce Émilie Vitral, ou Lyse-Rose de Carville ? À une époque où l’on ne parlait pas encore d’analyses ADN, pas facile pour la Justice de trancher !

Mais elle le fera en faveur de la famille Vitral. Au grand désespoir de la famille de Carville, qui ne renonce pas et va embaucher un détective privé, Crédule Grand-Duc. Un contrat grassement rémunéré, frais de mission en plus, jusqu’aux dix-huit ans de l’enfant, pour tenter de connaître un jour la vérité.

« Émilie- Lyse-Rose » devient « Lylie » car nul n’est réellement certain de son identité.

2 Octobre 1998. Lylie Vitral a dix-huit ans. Elle retrouve son frère aîné Marc dans un café, lui remet le carnet que Crédule Grand-Duc lui a déposé dans sa boite aux lettres en guise de cadeau d’anniversaire. Ce carnet contient le résumé de l’enquête menée jusqu’à la majorité de la jeune fille. Puis Lylie s’en va en disant qu’il lui est nécessaire de s‘absenter quelques jours, et qu’en lisant ce carnet, Marc comprendra pourquoi.

Qu’a découvert Crédule Grand-Duc ?

Marc se plonge dans la lecture. Puis part sur les traces du détective car l’enquête est loin d’avoir révélé tous ses secrets…

 

You are my sister
And I love you
May all of your dreams come true
We felt so differently then
So similar over the years**

 

Comme dans « Nymphéas noirs », Michel Bussi aime entrecroiser les récits, alterner passé et présent, pour maintenir le suspense, semer des indices comme autant d’apparences trompeuses, et jouer avec les nerfs de ses lecteurs. Tout y est, encore faut-il regarder au bon endroit et sous le bon angle.

Nous progressons en même temps que Marc dans cette intrigue bien construite et découvrons avec lui l’enquête de Crédule Grand-Duc, détaillée depuis les premiers jours jusqu’aux dix-huit ans de Lylie. Le rythme de l’histoire va crescendo, avec un petit coup de boost bienvenu dans le dernier quart du livre, jusqu’au dénouement final. Nous sommes bien obligés de patienter, parfois en trépignant devant des effets d’annonce qui nous laissent régulièrement sur notre faim en fin de chapitre. L’auteur maîtrise le « page turner » et prend un malin plaisir à nous le montrer.

Une fois admis qu’on ne pourra pas éviter les « attendez un peu » et les « vous n’avez encore rien vu », il faut que les choses se mettent en place, et c’est d’un doigt impatient que l’on tourne les pages pour avoir le fin mot de l’histoire.

En conclusion : malgré un rien de manichéisme allié à une larme de machiavélisme il faut bien le dire, quelques personnages parfois campés à la truelle, un zeste d’ambiance familiale à la Chabrol, et un petit détail peu vraisemblable (mais là, je ne dis rien pour ne pas déflorer ce que fait Lylie), je me suis laissée prendre dans cette toile d’araignée bien tissée.

Tout se tient, et si vous relisez bien, il est impossible de trouver une faille dans le déroulement de l’intrigue et dans le raisonnement.

Il est incontestable que Michel Bussi mérite amplement sa place dans le paysage polardeux actuel.

C’est un bon roman policier, plaisant, sans surenchère d’effets sanglants ou atrocement noirs, qui vaut pour son écriture et sa construction impeccables, avec une histoire d’amour en prime, qui devrait plaire à de très nombreux lecteurs.

 

 

 

 

 

*   Guns N’Roses «  Sweet child o’mine »

** Anthony and the Johnsons   «You are my sister»

 

 

Commenter cet article

vonnette 21/02/2012 22:24

J'ai adoré "Nymphéas noirs" et j'ai hâte de lire celui-ci !

Bibliofractale 22/02/2012 01:35



"Nymphéas noirs" était très plaisant, et on retrouve dans ce livre la même manière de jouer avec le lecteur et avec les apparences. Michel Bussi a désormais de nombreux lecteurs qui attendent ses
prochains romans, et c'est mérité !
Merci pour la visite, et bonne lecture 



Claude Le Nocher 07/02/2012 20:51

Ah Bibliofractale est de retour ! Ouf, j'ai eu peur que sa virée laballaise ne lui fut fatale.
Amitiés.

Bibliofractale 08/02/2012 09:43



Bonjour Claude !


Malgré certaines critiques virulentes contre l'existence de ce blog, me voilà de retour. Et que les malveillants aillent se chercher ailleurs une autre manière de jouir et d'exister !
Merci pour cette sollicitude qui me va droit au coeur :-)


Amitiés.



Josiane 06/02/2012 14:54

Chouette! Un nouvel article. Ca nous manquait. Bises.

Bibliofractale 06/02/2012 20:46



Merci Josiane !! :-)


Bises !



Oncle Paul 05/02/2012 18:46

Merci
je viens d'ajouter ton lien au bas de mon article
Amitiés

Oncle Paul 05/02/2012 16:21

Bonjour
Encore un roman de Michel Bussi qui nous fait voyager entre aujourd'hui et hier, une marque de fabrique efficace, et l'on est pas déçu, tout comme dans Nymphéas noirs et ses deux autres romans dont
j'ai mis en ligne les chroniques ainsi qu'un entretien avec l'auteur.
Amitiés

Bibliofractale 05/02/2012 18:26



Bonjour Oncle Paul !


Oui, je ne peux que conseiller la visite de ton site pour y découvrir toutes les merveilles que tu proposes :-)
http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/article-michel-bussi-un-avion-sans-elle-97895427.html
Amitiés !!