Substitutions

Publié le par Christine

substitutions

J’adore les feux d’artifice ! Quand ils sont bien préparés, quand ils illuminent les belles soirées, quand ils laissent des paillettes plein les yeux et des étincelles de gaité dans le cœur. Alors vous pensez bien que les pétards mouillés ne sont pas les bienvenus !

Pour les lectures, c’est pareil !

Autant je me réjouis à l’avance de l’immersion dans une histoire bien campée, autant je deviens féroce quand je me retrouve comme un canard mouillé et transi de froid à me maudire d’avoir succombé aux sirènes de la tentation.

Préparez masque et tuba, on y va :

 

Substitutions

Tania CARVER

Ixelles éditions ; 462 pages ; 21,90 euros

 

Un orteil dans l’eau pour juger de la température

Rien ne va plus dans la belle cité de Colchester, bourgade radieuse et pimpante avec ses usines, ses lotissements, ses allées pleines de joggeurs du dimanche et de poussettes pour promener bébé. Parce qu’à ce rythme, des bébés, il ne va pas en rester beaucoup si le vilain tueur en série continue à sévir.

D’abord deux meurtres de femmes enceintes, avec un massacre à la clé.

Puis le meurtre de Julie et de son amie Claire, un carnage ! Julie était au mauvais endroit au mauvais moment, c’est Claire qui était visée : elle était enceinte et cette fois, le bébé a été purement et simplement arraché à sa mère et kidnappé.

Pas drôle, pas drôle du tout pour l’inspecteur détective Phil Brennan qui se retrouve avec son DCI Fenwick sur le dos, et ses DS, DA, DC Clayton, Anni ou autres sur la brèche.

Comment ? C’est quoi t’est-ce que ces initiales barbares ? Je me les suis coltinée pendant tout le roman, je ne vais pas en plus vous mâcher le travail ! A chacun son boulot, moi je décortique l’histoire et vous vous faites un effort pour suivre un peu.

Et puis, la police va faire appel à la psychologue Marina Esposito, spécialiste des pathologies sexuelles…. et ancienne petite amie de Phil ! Non ? Si ! Pour une coïncidence, hein….Ils se sont rencontrés lors de la dernière enquête, et Cupidon passant par là leur a joyeusement transpercé le myocarde. Ca s’est mal terminé, vous vous en doutez bien… Comme je dis toujours, ce genre de situation est à fuir comme la peste : « no zob in job », c’est la clé de la sérénité au travail.

Mais bon, il faut bien apitoyer le lecteur et épicer un peu l’intrigue.

Depuis, ils sont comme deux nouilles en train de s’observer en chien de faïence (si, si, c’est possible) ne sachant pas trop comment se regarder dans le blanc des yeux avant de se sauter dessus pour le baiser de la mort qui tue. Ah…. C’est bô l’amour !

J’allais oublier !! Marina est enceinte !! Et bien ça alors, c’est vraiment pas de bol et on commence à se dire qu’elle ferait mieux de surveiller ses arrières plutôt qu’accepter de participer à l’enquête. Parce qu’il est plus qu’évident que tôt ou tard il va lui arriver des bricoles pas agréables, mais alors là pas agréables du tout, à cette pauvre Marina.

La police mène l’enquête, suspecte un ancien petit ami de Claire, car il a tout ce qu’il faut bien où il faut pour être le coupable idéal : un casier judiciaire, des antécédents de violence conjugale, un tempérament à vouloir écrabouiller les inspecteurs qui viennent lui poser des questions, et Sophie, une nouvelle petite amie trop siliconée et botoxée pour être honnête.

Sophie, dont le physique avantageux n’a pas échappé à un des inspecteurs. Sophie et ses dents longues, sa fausse « blonde attitude », que le lecteur doté d’un QI supérieur à 2 commencera à mettre de suite dans la case des «  ouh la la, elle, qu’est-ce qu’elle nous mijote ? ».

Et puis il y a Hester… Là, je ne vous dis rien. Enfin, si.

Parce que c’est vraiment trop tentant et que la meilleure façon de se débarrasser d’une tentation, c’est d’y céder. Hester vit dans un taudis, rêve de fonder une famille car son enfance n’a pas été un modèle genre « petite maison dans la prairie » avec fleurettes, bisous, et câlins dégoulinants de partout.

Hester veut un bébé, son mari lui en apporte. C’est aussi simple que ça.

Mais c’est pas bien ! Alors, forcément, ça va mal finir !!

Ah mes aïeux, quel suspense insupportable et insoutenable!!!

 

Glagla l’orteil, sortons vite de l’eau !

Bien, bien, bien… que dire de plus ?

L’idée de départ n’est pas mauvaise. Après tout, un thriller, c’est fait pour avoir peur et il faut bien admettre que la trame de base n’est pas à mettre directement dans le vide-ordure.

Alors, oui, il y a quelques frissons saupoudrés ça et là, comme des petits grains de sucre glace sur un cupcake.

Mais les cupcakes, c’est très joli, mais ce n’est pas très bon ! On croque dedans, ça devient tout mou et tout collant, ça n’a pas grand goût non plus.

On en a plein le dentier et après ch’est pas fachile de machtiquer ou de parler chans pochtillonner.

Alors, une bonne idée ne suffit pas à faire un bon roman.

Non !

Le feu d’artifice promis se transforme en poudre aux yeux qui ne réussit pas à masquer les défauts.

Les ficelles sont archiconnues, usées, rabâchées. On tombe vite dans le cliché et les stéréotypes. Trop de formatage va un jour finir par détruire l’esprit du thriller.

Les personnages sont très sommairement campés. Juste le minimum syndical pour leur donner une petite épaisseur, mais rien de plus. C’est superficiel, frôlé, esquissé, mais le point positif c’est que finalement c’est moins long à lire….

Le style est simple. Si on veut être gentil, mais alors très gentil, on dira qu’il est efficace ? Il n’y a pas d’efforts à fournir, à part pour l’exaspérant semis de DC, DA, DCI, ou autres pénibles preuves de fainéantises lors de l’écriture ou de la relecture du roman.

Décidément, c’est du porridge, et je n’aime pas le porridge.

Et les dialogues !!! Ah… les dialogues… Mais bon sang de bois, qu’est-ce que c’est que cette mise en forme au petit bonheur la chance ?

Aucune cohérence, aucun sérieux, cela devient très vite pénible de suivre dialogues au milieu de l’action,  actions au milieu des dialogues, mélange des interlocuteurs, retours à la ligne non justifiés ou absence de retour à la ligne quand nécessaire…

Vite, deux aspirines…

Pour l’intrigue, on devine très vite le fin mot de l’histoire. Même le rebondissement final.

Trop prévisible, tout ça.

 

Pour résumer, substituez « substitutions » par un autre livre, un vrai livre, qui ne soit pas un gros et indigeste pétard mouillé.

 

Commenter cet article

DAVID SPACE 07/01/2010 11:45


Parce que...lol/ La mort, oui, un sujet fascinant pour les vivants...
Belle journée


Christine 08/01/2010 18:39


Ce n'est pas un livre sur la mort, mais il y a une belle réflexion du personnage principal (un détective fouillant là où il n'est pas trop conseillé d'aller) Bernie Gunther :
"Je venais de tomber dans les pommes. Ce qui revient un petit peu à être mort. En mieux. Tout vaut mieux que d'être mort. Peut-être avais-je plus de chance que je ne le croyais. Tant que j'étais
capable de faire la distinction entre la mort et le reste, tout allait à peu près bien."

Bonne soirée...


DAVID SPACE 05/01/2010 19:45


En ce moment c'est:
"La première nuit" de MARC LEVY


Christine 06/01/2010 18:43


Pourquoi pas?
En ce moment je relis " La mort, entre autres", de Philip Kerr
en attendant la prochaine récolte de livres chez le libraire...


DAVID SPACE 05/01/2010 15:17


Bonne journée


Christine 05/01/2010 16:06


Merci!
Bonne lecture ...