Psychose au 36

Publié le par Bibliofractale

jourdain36Nous vivons dans un monde vaste, cruel, impitoyable et il n’est pas besoin de faire référence à « Dallas » ou à un thriller mégaformaté pour s’en rendre compte.

Tous les jours, à notre porte, dans la « vraie vie » que l’on touche du doigt, il se produit des évènements que nous voudrions bien pouvoir mettre dans la case « fiction »… mais qui sont bien réels.

 

Votre mignonne voisine, parfaite « girl next door », est peut-être celle qui ruine votre réputation en racontant à tout le voisinage que vous chantez faux, et votre voisin, si serviable, est peut-être un serial killer.

Vous souriez ?

Et si quelqu’un surgissait de votre passé pour se rappeler à votre mauvais souvenir ?

Soyez vigilant. Ouvrez les yeux. Chaque détail compte …

 

 

 

 

 

 

 

Psychose au 36

Hervé Jourdain

Les nouveaux auteurs

400 pages ; 18,90 euros

 

La vengeance est un plat qui se mange froid....  Vous reprendrez bien un peu de glace ?

Paris. Brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres. La Crim’. La brigade du commandant Duhamel est forte de ses quatre membres, tous très différents les uns des autres, formant à eux quatre une équipe soudée et efficace. Duhamel, Chadeau, Leprêtre, et Nora Belhali, la petite dernière, mutée à la Crim’ après deux ans passés à la brigade des mineurs. Deux années éprouvantes à mener des enquêtes sociales, à protéger des jeunes en souffrance, à pister des manipulateurs, à tenter de mettre fin aux agissements de prédateurs. Mais tout cela c’est du passé et Nora a trouvé sa place au sein de l’équipe.

Tout pourrait aller au mieux et pourtant tout va basculer.

Il y a d’abord le grave accident de moto dont est victime son ancien mentor et surtout meilleur ami.

Puis l’assassinat de son compagnon. Avec la découverte sur les lieux du crime de preuves accablantes contre Nora. Elle a beau clamer son innocence, les bœuf-carottes viennent l’interpeller.

Profitant d’un instant d’inattention de ses gardiens, Nora s’évade.

Apprenant que sa protégée est en cavale, Duhamel va prendre les choses en main, quitte à friser l’illégalité. Mais comment prouver l’innocence de Nora alors qu’un second crime est commis, et que là aussi les preuves sont contre la jeune femme ?

C’est alors que Duhamel va trouver le journal intime de Nora.

Est-elle coupable ou victime ?

La réponse est peut-être là, cachée dans les replis sordides du passé…

 

 

Quand la folie n’est ni douce, ni digne d’éloge …

Nous retrouvons dans ce livre les personnages rencontrés dans le premier roman d’Hervé Jourdain.

Mais alors que «  Sang d’encre au 36 » faisait la part belle à un travail d’équipe, chaque personnage prend ici un relief supplémentaire. Chaque individu a un rôle à jouer, en fonction de ce qu’il est, de ce qu’il a vécu, de ce qu’il a à apporter aux autres.

Avec pour fil conducteur un mystérieux personnage qui intervient dès le début du livre, et la mise en place d’un effroyable étau destiné à broyer Nora.

Pourquoi ? Comment ?

Tel est l’objet de ce roman, habilement construit, prenant, avec un suspense et une tension qui vont crescendo sans faiblir une minute.

Avec un style précis, descriptif (les faits, rien que les faits) l’auteur nous fait plonger dans une intrigue d’autant plus glaçante qu’elle est on ne peut plus plus crédible, plus vraisemblable.

Il est difficile de poser le livre une fois la lecture entamée. Car avec la lecture du journal intime de Nora, nous savons que la clé est là, que nous l’avons eue sous les yeux, que nous n’avons pas su y voir les germes du drame à venir. Le passé n’est jamais définitivement clos, la preuve.

Les personnages de prédateurs, de manipulateurs, tels qu'ils apparaissent dans le roman, il faut savoir qu’ils existent, qu’ils sont là, qu’ils agissent et continueront de nuire, encore, et encore.

N’allez surtout pas croire que l’auteur entre dans une surenchère de détails glauques, d’effets de style « gore ». Non, bien au contraire. Il n’y a rien de superflu et c’est d’autant plus réussi.

 

Suivez les enquêteurs dans les rues parisiennes, découvrez la capitale avec d’autres yeux, en tant que décor pour une implacable vengeance.

 

L'auteur le précise bien : «  C’est avant tout une œuvre de fiction ». Soit !

Mais elle est nourrie de sa propre expérience au sein de la brigade des mineurs, et Hervé Jourdain nous dévoile un peu du quotidien de ces enquêteurs confrontés chaque jour à des situations qui ne peuvent laisser totalement indemnes.

Il faut une bonne dose d’énergie, de ténacité, de passion pour son métier, de foi très certainement en une Justice et une Société faillibles, pour qu’ils assurent les missions qu’on leur confie.

Un très bon roman policier, qui confirme tout le bien que je pensais de l’auteur à la lecture de son premier roman. (pour mémoire : Sang d'encre au 36 )

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