Nous étions les hommes

Publié le par Bibliofractale

nousetionsleshommesLe monde est fou, fou, fou, voyez-vous…

Où que l’on porte les yeux il est possible de trouver une bonne raison de s’indigner, de désespérer, de penser que tout va mal.

Comment ça, je plombe l’atmosphère ?

Absolument pas, je suis réaliste et puis c’est tout.

De ce même réalisme qui me fait à la fois grincer des dents devant l’actualité, et reprendre 12 fois de la mousse au chocolat, comme puissant antidépresseur.

Et puis, heureusement, s’allument de temps à autre quelques lueurs d’espoir.

Il suffit parfois d’un seul Juste, d’un seul Homme de bonne volonté, pour réécrire le destin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous étions les hommes

Gilles LEGARDINIER

Fleuve Noir (Thriller)

428 pages ; 18,90 euros

 

 

 Ô sombre héros de l’amer, ne vois tu rien venir ? …

 

Édimbourg. Le docteur Scott Kinross dirige le service de recherche clinique en neurologie. Il travaille, en collaboration avec Jenni Cooper, généticienne brillante, sur la mise au point d’un modèle prédisant quand les malades atteints de la maladie d’Alzheimer vont définitivement perdre le combat face à la maladie. Pour ce faire, Jenni collecte le maximum de résultats d’analyses effectuées un peu partout dans le monde.

Les statistiques sont formelles : on a sous-estimé le phénomène, et la folie guette la plus grande partie de l’humanité.

Puis, Scott est appelé comme consultant sur le lieu de différents massacres collectifs, et pense qu’ils ont tous un lien avec la maladie qu’il étudie. Mais lequel ?

Contactés par un richissime mécène qui veut tout mettre en œuvre pour sauver sa femme de la démence, Scott, puis Jenni, vont rapidement réaliser que leurs travaux sont l’objet d’enjeux financiers énormes.

Et de convoitises féroces.

Commence alors une vaste enquête afin de dévoiler qui sont les individus prêts à tout pour s’enrichir, quelles qu’en soient les conséquences sur l’avenir de l’humanité.

Une enquête dans laquelle ils risquent leur propre vie pour éviter que l’Homme ne disparaisse de la surface du globe.

 

 

Tout disparaitra mais le vent nous portera…

 

Voilà un thriller bien alléchant. Prenez deux personnages brillants, bourrés de qualités, mais avec quelques failles tout de même, hein! Ajoutez quelques thèmes d’actualité (éthique, corruption, brevetage du vivant, Alzheimer), une bonne pincée de détails qui font rêver, quelques utilisations de clichés ou ficelles efficaces genre groupe occulte de Jésuites, puissants lobbies avides ou héros dépassant ses propres peurs pour sauver sa belle. N’oubliez pas les méchants très méchants, sans scrupules et sans états d’âmes, quelques poncifs indispensables genre «  on ne nous dit pas tout », un style simple et efficace, du rythme et plein de rebondissements.

Vous agitez le tout, et vous obtenez un livre amené sans nul doute à rencontrer un franc succès.

Parce qu’il est à la fois divertissant, prenant, pouvant séduire à la fois le lectorat masculin que féminin, très visuel, et parfait pour être adapté dans un film à grand spectacle.

Cela finit bien, c’est plein de bons sentiments en lutte contre les dérives du monde actuel, il y a un joyeux mélange d’émotion et d’action, parfois cousu de fil blanc, et des relations de cause à effet très capillotractées, mais séduisantes.

En fait, ce livre possède une accumulation de petits détails qui en temps normal feraient que je le détesterais.

Mais je n’y arrive pas !

Car c’est tellement sincère qu’on pardonnera les défauts pour apprécier ce livre qui est un bon thriller, soulevant des questions qui méritent d’être réellement posées, et surtout, très sérieusement débattues par les instances dirigeantes pour tenter de limiter des dérives éminemment condamnables.

Alors, je ne vais pas être trop critique vis-à-vis de la forme, qui aurait tendance à me défriser un peu. Finalement, qu’importe ! Le fond est bon.

Il y a une touche d’espoir, et du cœur. Oui, c’est ça.

Ce livre est sincère et il a du cœur.

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La Ruelle bleue 17/03/2011 11:41


Tu l'as très bien décrit je trouve et je partage ton avis... sauf que moi, j'ai basculé du côté obscur de la force et franchement, je n'arrive pas à l'apprécier tout comme toi tu n'arrives pas à le
détester ! Avis à la fois convergents et différents, ça confirme le potentiel du livre !