Le chasseur de lucioles

Publié le par Bibliofractale

chasseurluciolesLes femmes sont nombreuses dans le paysage polardeux.

En tant qu’auteurs *, en tant que lectrices.

Et en tant que personnages.

Que de femmes fatales, d’intrigantes. De beautés vénéneuses ou naïves. D’enquêtrices, de journalistes, d’espionnes ou de femmes comme vous et moi. Enfin... quand je dis « vous », vous comprenez ce que je veux dire.

Toutes mes excuses par avance aux individus de sexe masculin s’ils se sentent exclus. Mais je sais que mes amis, les vrais, ne m’en voudront pas.

Et puis, il y a les victimes.

Aujourd’hui, 8 mars, journée de la Femme.

 

Ce sera pour moi « la journée des lucioles ».

 

 

Le chasseur de lucioles

Janis OTSIEMI

Editions Jigal (Polar)

(et quelle très jolie première de couverture!!)

204 pages ; 16 euros

 

Au décès d’un chien, la chèvre ne porte pas le deuil… **

 

Nous sommes à Libreville, au Gabon. On découvre le cadavre d’un ancien policier. Crime crapuleux ? À moins que ce ne soit en rapport avec un important vol d’armes, non élucidé, lorsqu’il était encore tout récemment en poste à la Préfecture de police ?

En parallèle, des prostituées (ou de leur joli surnom : des lucioles) sont sauvagement assassinées. Puis mutilées. Ce sont plusieurs cadavres que l’on trouve, de semaine en semaine, dans des hôtels de passe des quartiers chauds de la ville.

Et puis nous avons, comme dans toute grande ville, quelques malfrats. Petits caïds roulant des mécaniques ou truands beaucoup plus dangereux. L’un d’eux, Sisco, a vraiment sale réputation. Champion des coups tordus, malhonnête même avec ses partenaires. Et muet quant à la provenance des armes qu’il compte utiliser pour son prochain braquage.

Sur le terrain, plusieurs équipes d’enquêteurs afin d’élucider toutes ces affaires.

Les différentes enquêtes finiront par se croiser.

Mais est-ce que justice et honnêteté feront bon ménage ?

Rien n’est moins sûr…

 

Une seule dent pourrie empeste la bouche… **

 

Il y a, à la base, une trame classique de vols et de meurtres. Puis le lecteur se fait très rapidement une idée à propos de l’identité des coupables. Mais alors, me direz-vous en écarquillant les yeux, pourquoi poursuivre la lecture ?

Parce que justement, l’intérêt se niche ailleurs que dans une « simple » enquête. Celle-ci ne sert que de prétexte à l’auteur pour attirer notre attention sur tout autre chose.

Sur les personnages, sur leur parcours, leur moralité ou absence de moralité, sur leur vie.

Sur une ville peuplée de nombreux habitants venus de pays frontaliers pour tenter de mieux vivre.

Janis Otsiemi brosse le tableau d’un pays gangréné par la corruption, où petites débrouilles pour survivre riment souvent avec magouilles plus ou moins violentes, où certains fléaux tels que le SIDA pèsent sur toutes les têtes, pouvant pousser au désespoir.

Il le fait d’une plume alerte, lapidaire et savoureuse, sans une trace de misérabilisme, mais sans concession non plus. De même que la littérature nordique nous a fait plonger ailleurs que dans des fjords limpides et sereins, ce roman nous immerge dans une Afrique bien loin des cartes postales et des clichés.

 

Un roman noir, parce que misère et criminalité sont universelles, et pourtant coloré, exotique, dépaysant, d’un auteur à découvrir.

 

 

* Non, non, et non, je ne mettrai pas de « e ». Le talent n’a pas de sexe, et je préfère les combats contre les violences faites aux femmes, à un ajout de voyelle qui ne fait pas avancer le débat d’un micron. Et puis c’est tout ! 

 

** Deux des nombreux proverbes gabonais à découvrir en tête des chapitres de ce roman.

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Claude LE NOCHER 08/03/2012 16:50

Visiblement, lectrices et lecteurs de Janis Otsiemi sont tous satisfait(e)s. Ce qui me fait franchement plaisir, car c'est un auteur à promouvoir.
Amitiés.

Bibliofractale 08/03/2012 17:27



Bonjour Claude !


Oui, c'est un roman qu'on a plaisir à feuilleter jusqu'au bout. L'intrigue est peut-être sans réelle surprise, mais le style, les expressions dépaysantes, l'ancrage dans la vie quotidienne et les
fléaux qui gangrènent cette société en font tout l'intérêt.


Amitiés !



Oncle Paul 08/03/2012 15:11

Je pense que je mettrai justement mes chroniques précédentes en complément de celle du Chasseur de Lucioles.

Bibliofractale 08/03/2012 15:16



C'est une excellente idée ! Encore plus de tentations :-)



Oncle Paul 08/03/2012 15:00

Bonjour Christine
Celui-ci est sur ma PAL, en bonne place, d'autant que j'avais bien aimé les deux précédents publiés chez Jigal.
Amitiés

Bibliofractale 08/03/2012 15:07



Bonjour Oncle Paul


Et moi je ne connais les deux précédents que de réputation, voilà qui incrémente ma liste de deux titres supplémentaires :-)
Amitiés.