L' homme de l'ombre

Publié le par Bibliofractale

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L’actualité cinématographique remet sur le devant de la scène un livre paru en 2007. Ce serait dommage de ne pas en profiter pour mettre quelques lignes à son sujet. Après tout, il n’y a pas que les nouveautés dans la vie ! Se replonger dans d’anciennes lectures n’est pas désagréable surtout quand le livre est de bonne facture.

Loin de moi l’idée d’être opportuniste !

L’ombre me va très bien et m’évite les coups de soleil qui me transforment en tomate cuite.

Et je ne suis pas la seule à œuvrer dans les coulisses, la preuve :

 

 

L’Homme de l’ombre

Robert HARRIS

Plon ; 355 pages ; 21 euros

 

Un parasol pour la promenade ?

Le narrateur (jamais nommé dans le livre. Normal ! Anonyme il est, anonyme il restera !) est un « nègre », spécialisé dans les biographies de « people ».

Son éditeur le contacte : il doit remplacer d’urgence son confrère McAra, victime d’un accident alors qu’il devait aider Adam Lang à écrire ses mémoires.

Qui est Adam Lang ? vous demandez-vous aussitôt car vous êtes curieux de nature.

Adam Lang n’est pas n’importe qui : c’est l’ancien premier ministre britannique. En posture délicate de surcroît, car pris au cœur d’un scandale politique.

L’écrivain rejoint Adam Lang dans une fabuleuse propriété très sécurisée sur l’île de Martha’s vineyard (lieu de villégiature très chic et très prisé tant de la jet set que de la classe politique américaine) et partage son quotidien, entre poursuites par les paparazzis et discours politiques. Il a accès à une somme fabuleuses d’informations récoltées par son prédécesseur et découvre peu à peu d’autres facettes d’Adam Lang. Il se rend également compte, peu à peu, du rôle joué par la belle et apparemment très discrète Susan Lang pour façonner son époux.

En essayant de découvrir ce qu’a réellement fait Adam Lang, il va plonger au sein des coulisses d’une politique pas toujours avouable.

 

 

Un tube de Biafine  au cas z’où ?

Dès le début, on plonge dans un univers d’apparences et de façades. On suit la progression pas à pas de l’enquête du narrateur, jamais nommé car « homme de l’ombre ».

Adam Lang est-il coupable et/ou responsable de la mort de prisonniers politiques ? Est-il retors ou manipulé ?

Partager le quotidien et les confidences d’un premier ministre n’est pas chose aisée : il y a la face publique, celle des déclarations officielles, des sourires de star. Souvent maquillée pour avoir bonne mine.

Et puis il y a l’autre face, beaucoup plus secrète. Celle des compromis, des manipulations, des trucs cachés sous le tapis. Le démaquillage laisse apparaître les cernes, la couperose, ou pire.

Le suspense monte peu à peu, connaître la vérité n’est pas facile.

L’importance du mot bien choisi, de la formule qui mettra les foules et les journalistes de son côté,  prend ici tout son relief.

Les discours politiques sont des modèles du genre, et les coulisses pour les écrire ne sont guère fréquentables.

Les enjeux du pouvoir, les manipulations, sont prétextes à des dialogues ou réflexions savoureuses voire féroces.

Le style est très simple, très descriptif, les personnages sont bien campés, et l’auteur les place dans des décors et ambiances judicieusement choisis en fonction des situations. De plus il y a une intéressante analyse du travail d’écrivain.

Suspense garanti, et maintenu jusqu’au bout.

C’est un livre plus que crédible, très bien écrit,  et ceux qui ignoreraient ce que veut dire « langue de bois » n’ont plus aucune excuse !

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Anodine 08/03/2010 09:49


Et c'est une bonne occasion de signaler que le film de Polanski est...MAGNIFIQUE...