Intervention

Publié le par Bibliofractale

 

interventioncook.gifOn a tous envie de croire.

A de petites choses comme à de plus grandes.

Que l’on va retrouver ces %&&% de clés qui se sont mystérieusement envolées.

Que l’on va gagner au loto.

Que le ciel ne nous tombera pas sur la tête.

Ou qu’un vulgaire fragment d’os de bipède mâle a pu produire cette pure merveille qu’est la femme *….

Tiens, à propos d’os, qu’est-ce qu’il en pense, le docteur Cook ?

 

 

 

 

Intervention

Robin COOK

Albin Michel ; 439 pages, 21,80 euros

 

C’est ce qui s’appelle tomber sur un os…

Jack Stapleton, médecin légiste à New York, est prêt à tout pour oublier que son fils âgé de quelques mois est atteint d’une grave maladie à l’issue incertaine. Pour oublier son sentiment de culpabilité vis-à-vis de sa femme qui a renoncé à sa vie professionnelle afin d’être disponible jour et nuit auprès du bébé. Il cherche n’importe quel prétexte pour s’occuper l’esprit et rentrer le plus tard possible chez lui.

Alors lorsque le cardinal James O’Rourke, évêque de l’archidiocèse de New York, et accessoirement ancien compagnon de beuverie, lui demande un service … Il saute sur l’occasion et accepte.

Il s’agit de mettre les locaux ultramodernes du laboratoire d’analyse ADN de l’Institut médicolégal à disposition de leur ancien ami commun Shawn Daughtry, devenu un éminent archéologue.

Shawn vient de découvrir un ossuaire, et pas n’importe quel ossuaire : celui de Marie. La Vierge Marie ! Mère du Christ !

James en est tout bouleversé. Ce serait une catastrophe pour  l’Eglise ! Un scandale ! Une remise en question de l’infaillibilité pontificale ayant décidé de l’Ascension de la Vierge… et non de son enterrement.

Il faut analyser ces os, le plus discrètement possible, et avec le meilleur matériel qui soit.

Shaw est persuadé pouvoir bientôt toucher du doigt la célébrité.

James prie pour que les analyses démontrent que l’ossuaire est un faux.

Et Jack entre les deux… fait ce qu’il peut pour calmer les esprits qui s’enflamment, tiraillé entre incrédulité et curiosité.

Qu’y-a-t-il dans cet ossuaire ?

 

I want to believe…

Quand un spécialiste du thriller médical se lance dans l’écriture d’un gros pavé bien alléchant, sur fond de Bible, d’histoire des religions et d’analyse ADN, on se dit qu’on va forcément passer un bon moment.

Hum…

Alors, c’est vrai que le thème est bien trouvé et a tout pour séduire le lecteur. Un ossuaire, celui de la Vierge, avec possibilité d’analyse ADN ! Avec toutes les questions que cela peut soulever... Et les réponses que l’on n’ose envisager !

Il fallait un certain culot pour oser.

Il est bon de savoir que l’intrigue met un certain temps, voire un temps certain à démarrer et qu’il faudra en gros attendre d’être à la moitié du livre pour commencer à sentir les choses frémir un peu.

Auparavant  Robin Cook s’en donne à cœur-joie au long de nombreux chapitres pour fustiger les médecines parallèles. Comme on devine qu’il avait envie de se défouler, il en fait profiter le lecteur.

Ce n’est pas inintéressant, mais avouez que cela n’a pas grand-chose à voir avec le sujet du livre.

Passons sur les péripéties de récupération de cet ossuaire. Cela ne manque pas d’humour ni de piquant, mais moins crédible ce n’est pas possible à trouver.

Les personnages… ahh, les personnages ! Sans réelle consistance à part les trois personnages principaux. Et encore. Une trilogie infernale (oh, pardon ! je ne voulais pas faire de mauvais jeux de mots !) et complémentaire, des épouses reléguées en arrière-plan auxquelles l’auteur insuffle le minimum de vie pour qu’elles ne tombent pas en poussière, un illuminé qui viendra fort à propos pour que Cook arrive à terminer son livre…

Il y a de la documentation, cela se sent, cela se sent même beaucoup. Parfois utile, parfois façon " et si j'en mettais un peu plus pour atteindre le nombre de signes demandés par mon éditeur? En voilà une bonne idée qu'elle serait bonne."

Pour le fil de l'histoire c'est hélas un peu souvent la même réflexion qui m'est venue à l'esprit.

La chute finale… Doux Jésus ! (re-oh pardon !) c’est ce qui s’appelle de l’eau de boudin. Entre un grossier cafouillage au sujet de l’ADN mitochondrial et les dernières pages qui partent en vrille, ça ressemble furieusement à un livre à terminer avant l’heure de la soupe.

 

Bref : avec une bonne idée de départ, l’auteur nous propose un livre fortement bâclé.

Il y a beaucoup de remplissage, parfois habile, souvent pesant. Une fois l’excédent taillé, à mon avis il doit rester 1/3 du livre correspondant au résumé de la quatrième de couverture.

Autre point non négligeable : je serais vraiment très curieuse de mettre la main sur un exemplaire en VO. Parce que pour le langage…. Je suis très surprise ! ça cause très beaucoup et très mal la France !!

 

Moralité : Robin Cook, mon petit, tu sais écrire et tu le fais plutôt bien depuis de nombreuses années. Mais ce n’est pas parce qu’on a plein de choses à dire qu’il faut toutes les mettre dans un sac, bien agiter, et les sortir ensuite sous forme de livre !

Ce n’est pas bien !

Trier, faire un plan, s’y tenir un minimum sans trop délayer, ce serait une bonne idée pour le prochain bouquin, non ?

 

 

 

* Ne voyez aucun féminisme violent et sauvage dans mes propos ! C’est de l’humour !!

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