Il était un petit navire...

Publié le par Bibliofractale

enigmediane  « Oh mon bateau-oh-oh-oh

Tou es lé plou bô dé batôôô

Et tou mé guides sour les flô-oh-ohhhhh

Vers ce qu’il y a dé plou bôôoohhh »

 

 

Ohhhh  oup’s ! Pardon !

Il ne faut pas dire « bateau » mais « navire ».

Parfaitement.

 

 

Embarquons à bord de la Diane.

Suivons le jeune Basile.

 

 

 L’Énigme de la Diane

Nicolas GRONDIN

Les Nouveaux Auteurs

362 pages ; 19,90 euros

 

 

 

 

Comment ? Vous ne connaissez pas encore Basile ?

Tsss, tsss, il faut remédier à cette énorme lacune dans votre culture générale, et le plus vite possible.

Laissez-moi vous entraîner sur le pont de la Diane pour y rencontrer notre héros.

 

Basile d’Audierne est un jeune garçon devenu orphelin suite à la tragique disparition de ses parents. Son oncle le recueille au sein de sa famille et entreprend son éducation.

Mais après une soirée de beuverie, Basile se retrouve à bord de la Diane sans trop comprendre ce qui lui est arrivé.

Le voilà donc engagé dans la Royale, sous les ordres du Chevalier Selcy, capitaine de frégate et seul maître à bord.

Destination : la Martinique, pour y défendre l’honneur du roi Louis XVI, et à l’occasion, pourfendre quelques Ingliches, nos meilleurs ennemis de toujours.

Pas facile tous les jours, l’équipage est pour moitié racaille de recruteur, et bien incapable de faire la différence entre bâbord et tribord.

Selcy se fait fort d’arriver à bon port, avec un équipage fiable et digne de ce nom. C’est qu’il faut rejoindre d’autres bâtiments de la Royale, et bouter quelques John Bull hors de ces eaux où ils ne sont pas les bienvenus.

Alors… moi qui ne suis bretonne que d’adoption, et qui, à part « proue », « poupe », « foc » ou perroquet » compte sur les doigts d’une demi-main les expressions de marine  inscrites à mon vocabulaire, je me suis plongée sans aucune hésitation dans la lecture des aventures de Basile. Même pas peur.

Et grand bien m’en a pris !

Je ne vais pas énumérer toutes les qualités de ce roman, ce serait bien trop long et ennuyeux. 

Mais sachez que pour le plaisir de lecture, le dépaysement, le souffle, le romanesque et l’épique, il y a de quoi se régaler.

C’est formidablement bien écrit et j’aime souligner qu’il est rare qu’un auteur soit aussi exigeant dans le maniement de la langue française et aussi doué pour louvoyer entre les chausse-trappes de la grammaire. Ah… quelle richesse de vocabulaire et quel bonheur de voir que le subjonctif n’est pas mort !

C’est précis, rigoureux, juste sans pédanterie, tout en étant divertissant. Absolument !

Et si comme moi vous n’entravez que pouic à « Larguez la civadière et le perroquet de fougue » et bien… ce n’est pas grave !

Même si à la fin de la lecture vous ne maîtriserez toujours pas la centaine de manœuvres nécessaire à la navigation, il en restera quelques belles émotions, quelques palpitations, du vent dans les voiles et un peu de sel.

Les personnages sont attachants, bien campés, et s’il est difficile pour la plupart des auteurs de réussir à allier romanesque et technique, psychologique et action, sachez qu’ici tout y est.

 

C’est puissant, divertissant, enrichissant, avec une trame solide et une documentation qui l’est tout autant.

 

N’avez-vous pas envie de faire la connaissance de Basile, de sa vie, ses aventures, ses secrets de famille, ses amours… et tout le reste que j’oublie volontairement….  mais que vous découvrirez avec délectation ?

Plus aucune hésitation ne sera admise : plongez-vous illico dans la lecture.

Et plus vite que ça, moussaillons !

 

 

ps : comme je suis très disciplinée et, prenant un livre, commence par la première page pour terminer par la dernière, je n'ai vu le glossaire des termes de marine qu'à la fin de ma lecture.

C'est bien la preuve qu'il est possible de savourer chaque phrase.... même sans l'aide d'un glossaire.

Mais je suis bonne fille, je vous donne l'info quand même :-)

Publié dans roman français

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