Entretien avec Stéphane Marchand

Publié le par Bibliofractale

maelstrom marchandSuite à la chronique sur son livre Maelström  c’est au tour de Stéphane Marchand de se prêter au jeu des questions-réponses.

 

Merci à lui pour sa bonne humeur, ses smileys sympathiques, et son énergie communicative !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Q : Stéphane Marchand, pour les lecteurs qui vous découvrent par le biais de ce premier thriller, voulez-vous tout d’abord nous parler un peu de vous ?


 S. Marchand : Je suis quelqu’un de très très sympathique, plutôt intelligent, charmant et plein d’humour  . 

Blague à part, j’ai vécu une enfance heureuse parmi les livres, les œuvres de Nicolas de Staël, Miro et Vieira da Silva (des reproductions, je tiens à le préciser !) à rêver en écoutant de la musique. J’ai su très tôt que l’écriture et la peinture feraient partie de ma vie. Pour la musique, j’en rêvais également mais soyons clairs, j’ai beaucoup de progrès à faire avant d’envisager un récital à l’Olympia ! J’ai commencé par le journalisme (Figaro, JDD, Air France Madame, etc.) avant de comprendre assez vite que le seul moyen d’écrire sans contraintes extérieures consistait à inventer des histoires. Depuis cette époque, je n’ai cessé de m’y atteler, m’efforçant tant bien que mal de réaliser les rêves d’enfance qui ne m’ont jamais quitté.


Q : L’écriture n’est pas une aventure nouvelle pour vous, mais c’est votre premier thriller. Pourquoi avoir attendu ? Quel a été le déclic ?


 S. Marchand : J’avais beaucoup écrit à la fin du siècle dernier et le besoin de respirer s’est imposé. Comme la peinture m’attirait de plus en plus, j’ai donc assez naturellement passé les quinze dernières années à m’y consacrer pour exposer assez régulièrement tant en France qu’à l’étranger. Mais l’écriture ne vous quitte jamais. Je travaillais d’ailleurs « en secret » sur certains projets. Je planchais notamment sur un scénario qui s’est un beau jour transformé en roman, celui dont nous parlons aujourd’hui : « Maelström ».

 

 Q : Vous avez situé l’action aux États-Unis, pourquoi, et quelles ont été vos sources d’inspiration ?


 S. Marchand : Les États-Unis m’attirent depuis toujours et plusieurs autres de mes romans s’y déroulent. N’étant pas adepte des transports en avion, je n’ai pas encore eu l’occasion de m’y rendre ! Aussi, je voyage dans ma tête grâce à Google Earth. C’est un outil assez magique. Mes sources d’inspiration sont les romans que j’ai lus, de John Irving à R.J. Ellory. Et, bien entendu, les séries américaines telles « Dexter » et « Californication » que j’apprécie pour leur rythme et leur construction.

 

 Q : Un style quasi cinématographique, avec un « œil » qui capte les détails et les met en scène… est-ce qu’on peut dire que le peintre qui est en vous a apporté sa touche personnelle à l’écriture ?


 S. Marchand : Merci pour cette question que je reçois comme un compliment. C’est en effet ce que j’ai tenté de faire, de chapitre en chapitre : capter les détails, les mettre en scène, avant de procéder au montage pour insuffler du rythme à l’histoire, exactement comme au cinéma. En ce qui concerne votre allusion à l’influence de la peinture sur l’écriture, je dirai qu’il s’agissait en effet d’apporter des nuances à chaque décor, chaque personnage. Dans ce sens, je pense par exemple que je peins la pluie comme je l’écris. Cela dit, il y a une grande différence entre le fait de peindre et celui d’écrire un thriller. Ma peinture est plutôt « abstraite » même si l’on peut y deviner des paysages ou des planètes, comme dans ma dernière série intitulée « Ailleurs ». Or, affûter et huiler les pièces et mécanismes de « Maelström » a réveillé en moi une part de rigueur que je ne connaissais pas à un tel point. J’ai appris en composant cette histoire que j’étais capable d’être vraiment organisé   ! Exactement comme le Maestro !

 

 Q : L’accent est mis au départ sur le Maestro justement, un personnage qu’on pourrait craindre et haïr. Puis cet accent se décale peu à peu pour tout remettre en cause. Voulez-vous nous en dire plus à ce sujet ?


 S. Marchand : Le Maestro est un homme profondément blessé par l’existence. Il devient « le Maestro » pour guérir et panser ses plaies. Il est né dans la honte et le secret, puis il a survécu dans la douleur, jusqu’à ce jour où il prend la décision d’entraîner son entourage dans un irrésistible maelström. Il devient cruel, impitoyable et redoutable, mais il n’a pas le choix. Malgré la violence de certaines scènes, rien n’est gratuit dans les actes de cet homme.

J’ai créé le personnage du Maestro pour montrer ce qu’un individu est capable de faire quand la vie n’a cessé de le broyer des années durant sans jamais lui faire le moindre cadeau. Je n’ai pas peur de prétendre que, dans une certaine mesure, il existe des « Maestros » en puissance dans notre monde pas toujours juste et même parfois franchement hostile à l’égard de certains.


 Q : Voitures de luxe, belles montres, chevaux pur-sang, musique… un peu de douceur et de rêve dans ce monde de brutes ?


 S. Marchand :Exactement ! C’est sans doute futile, mais l’idée de faire un tour en Porsche, de préférence une 911 3,2 l comme celle de Harold Irving dans « Maelström », ou de siroter un verre de Talisker en écoutant un Nocturne de Chopin, tout cela me détend d’avance au plus haut point   .

 

 Q : Une chute sur une révélation, puis une autre, puis encore une autre…. Une envie irrépressible ? Aucune hésitation ?


 S. Marchand : Au fil des chapitres, je n’ai pas eu trop d’hésitations. Je voulais à tout prix obtenir cet effet que l’on peut apprécier dans certaines séries américaines où l’on passe d’une scène à l’autre bien avant que l’attention du spectateur ne faiblisse. Je voulais, c’était irrépressible comme vous dites, que le lecteur se dise « Allez, un dernier chapitre ! » et ainsi de suite, jusqu’au bout de la nuit ! Je tenais à ce qu’on ne lâche pas « Maelström » avant de l’avoir terminé.  À ce propos, la fin n’est arrivée… qu’à la fin   ! Le dénouement de « Maelström » est en effet le fruit d’une longue réflexion. Il y a eu plusieurs versions de cette histoire et ce n’est que dans la dernière que j’ai imaginé cette fin « inimaginable ».

J’aime l’idée que le lecteur puisse croire que tout est fini alors que bien des surprises lui sont réservées jusqu’ au dernier paragraphe du dernier chapitre. C’est tout du moins ce que j’attends d’un thriller en tant que lecteur : du rythme et une fin surprenante.


 Q : Est-ce qu’il y a un ou plusieurs autres livres en cours (ou projet) d’écriture ? Avez-vous envie, ultérieurement, de reprendre quelques-uns des personnages de Maelström ?


 S. Marchand : Pour ce qui est de « Maelström », s’il n’y a pas de suite prévue, il est néanmoins fort probable que l’on retrouve certains des personnages dans mon prochain thriller. Ils passeront dans le paysage à la manière de figurants. Peut-être même que l’un d’entre eux aura un rôle plus important. Même si mon temps est assez pris par la promotion de « Maelström », ce prochain livre dont je vous parle est déjà en cours d’écriture.

Je pense également de plus en plus fort à me remettre à cette trilogie pour la jeunesse en chantier depuis plusieurs années. C’est un gros boulot ; l’histoire d’un garçon vampire contraint de quitter ses habitudes à Los Angeles pour pénétrer dans un monde parallèle où il s’évertuera à retrouver les parents qu’il n’a jamais connus.

Mes autres projets pour 2012 concernent la peinture, car je compte organiser différentes expositions entre la Belgique, la Suisse et l’Angleterre. Et si tout va bien, un court-métrage dont j’ai écrit le scénario et que je dois tourner avec Jean-Claude Dreyfus. Il ne manque plus qu’un producteur. À suivre…


Q : Stéphane Marchand, un petit mot pour vos lecteurs ?


 S. Marchand : Je remercie de tout cœur celles et ceux qui m’ont déjà fait confiance en achetant « Maelström ». Et je remercie d’avance les prochains serial lecteurs qui décideront de tourner mes pages. En souhaitant qu’ils éprouvent un « maelström » de plaisir et de frissons.

À toutes et tous, je dis « à plus tard dans la vraie vie… », sur un salon ou dans une librairie, pour une dédicace ou pour échanger quelques mots.

 

NOTE de l’auteur : On peut également naviguer sur le site www.maelstrom-lelivre.com ( link )et y découvrir différentes choses, dont la bande-annonce du livre (un petit bijou dans le genre et qui donne un avant-goût de ce que sera le film un jour) et l’interview des différents intervenants du concept (auteur du livre, réalisateurs de la bande-annonce, créateur du site).

 

 

 

smarchandportraitStéphane Marchand

 

Né à Lille en 1961, Stéphane Marchand, écrivain, peintre et parolier, est l'auteur de deux romans parus au Mercure de France et d'ouvrages pour la jeunesse chez Bayard et Flammarion.

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