Cinquième étage

Publié le par Bibliofractale

cinquiemeetagePendant que certains se chauffent les pieds devant leur cheminée, ou hibernent, d'autres œuvrent pour la culture générale et augmentent leur vocabulaire.
Mieux que la méthode "à six mille", voici la méthode "à Cyrille".
Sincèrement, pour avoir longuement fréquenté les salles de garde à des heures où l'alcoolémie atteignait des sommets, je peux vous certifier que jamais, au grand jamais, je n'y ai entendu autant de phrases aussi crues que vertes (normal, c'est pas cuit), jamais je n'y ai vu autant de sang, jamais on n'y a évoqué le cas de patients aussi atteints que le héros de ce livre.


Cinquième étage
Cyrille Audebert
Eds Sindbadboy ; 147 pages ;  14 euros

Ne prenez pas les escaliers, ni l'ascenseur, restez chez vous et n'en sortez sous aucun prétexte :

Hercule Zelnik aurait bien besoin de quelques réparations chez lui.
Une chance, des artisans, il y en a plein chez sa voisine dont l’appartement est en travaux. Il frappe chez elle, la porte est ouverte, il entre.
Et découvre avec effroi qu’il y a un artisan, mais que c’est un Alien, un envahisseur, un satané maudit extraterrestre. Son sang ne fait qu’un tour et lui, le profiler le plus doué de sa génération et même des autres, se sent investi de la plus grandiose des missions : sauver la terre.
N’écoutant que son courage, et malgré sa grande solitude de super héros, il passe à l’action.
Ce sera le début d’un itinéraire jonché de cadavres, pour le plus grand bien de l’humanité et la survie de l’espèce humaine.


Une tisane camomille-valériane-passiflore? Pour accompagner vos 12 comprimés de "jeveuxdormirquandmême" ?

Dormez en paix braves gens, Hercule veille sur votre sommeil !
Ce dévoué Hercule est un héros, un homme courageux, un homme qui ne recule devant aucun sacrifice. Il s’investit à fond. Il faut que ça gicle, que ça saigne, que les tripes volent, que vengeance soit faite. Mais n’allez surtout pas croire qu’il y prenne plaisir.
Non.
Il n’a pas le choix. 
On ne sauve pas le monde sans briser quelques vertèbres, sans étrangler quelques garces ,sans éponger quelques flaques de liquides visqueux tout autant qu’ infâmes. Les dommages collatéraux, c'est inévitable.
Tout en assumant une libido débridée, cet homme-là a l’œil, et le bon, pour repérer de loin les envahisseurs cachés parmi nous.
Bref, la médaille en zamak plaqué bronze de l’homme le plus méritant de l’année, c’est pour lui et lui seul.
Mais il faut savoir qu’il y a tout de même un tout petit, un très léger, oh juste rien, un détail : Zelnik est totalement cinglé.  
Totalement barré.
Complètement à l’ouest.
Il interprète ce qu’il voit à la sauce parano, il tire sur tout ce qui bouge, et il dégaine plus vite que son ombre.
N’allez surtout pas lui faire un sourire, vous seriez refroidi avant de comprendre ce qui vous arrive.
A moins que vous ne portiez une mini-jupe et des petits hauts affriolants moulant du  105 E… alors, peut-être, éventuellement, vous pourriez avoir la vie sauve…
Dans un vocabulaire *châtié* (rire franc et massif) et vigoureux, avec un style aussi gore que possible, et une tendance à la gaudriole plus que flagrante, voilà un livre qui démarre sur les chapeau de roue et ne vous laisse pas une minute de répit.
Comme une bande dessinée pleine de « zip » « bang » « crac » « pof », ça fuse de partout, ça surgit de nulle part, ça vous remue la petite cuillère, ça vous dégourdit les badigoinces, ça vous estourbit les écoutilles.
Lecteur devenant blême à la première microgoutte de sang : prière de s’abstenir sous peine de malaise vagal sévère.
Sincèrement: en général ce genre de livre n'est pas trop ma tasse de thé. Mais un thé aussi corsé, faut tester.
Dans le genre totalement inclassable, partant en vrille, décollant vers des destinations bizarres autant qu'étranges, et qui n'a pas froid aux yeux, on peut difficilement faire mieux.
Petit conseil d'amie : pour votre bien, relisez vos contrats d'assurance et surtout les petits caractères, même sur la tranche,  vérifiez que votre mutuelle ne se défilera pas pour cause de catastrophe non naturelle.

Commenter cet article