Avant d'aller dormir

Publié le par Bibliofractale

avant d aller dormirPouvoir oublier tout ce qui nous ennuie… le rêve !
Dehors, les vilains souvenirs !

Ouste, les mauvaises actions ! -Mais oui, je sais tout. Pas la peine de faire mine de n’être pas concerné(e), je ne suis pas dupe !

Du balai ! les enquiquineurs qui nous pourrissent la vie.

On fait table rase, et on repart comme neuf avec une vie sous forme de page blanche à remplir uniquement de belles choses.

Hum… Est-ce possible que ce soit aussi simple ? Et aussi idyllique qu’il y paraît ?

J’en doute…

 

 

 

 

 

 

Avant d’aller dormir

S.J. WATSON

Sonatine

409 pages ; 21 euros

 

 

Sous-venir, sous-venir ! disait le mendiant en tendant son béret…

Une femme se réveille dans une maison inconnue. À côté d’elle, dormant encore, un homme dont elle ne se souvient pas. Elle s’éclipse discrètement pour aller dans la salle de bains, regarde dans le miroir, et ne se reconnaît pas. Son image est celle d’une femme beaucoup plus âgée que dans ses souvenirs. Que se passe-t-il ?

L’homme la rejoint. C’est Ben, son mari. Il va lui expliquer qu’elle s’appelle Christine Lucas, qu’elle a 47 ans, et qu’elle a eu un grave accident, 18 ans auparavant. Depuis, elle a des troubles de mémoire. De sérieux troubles. Qui font que chaque matin, elle se réveille sans aucun souvenir.

Chaque matin, elle doit tout redécouvrir, tout réapprendre, pour tout oublier le lendemain.

Il part travailler, la laissant seule et complètement perdue.

Le téléphone sonne et au bout du fil, Ed Nash. Il est neuropsychologue, lui explique qu’ils ont l’habitude de se voir, lui donne RDV.

Lors du rendez-vous, il lui donne le journal intime qu’elle lui a confié. Un journal intime qu’elle tient depuis une quinzaine de jours. Notant tout, jour après jour.

Un genre de « sauvegarde » de ses souvenirs quotidiens, et des découvertes qu’elle fait peu à peu sur les gens qui l’entourent ou sur son passé.

Rentrée chez elle, elle l’ouvre, et ….

 

Le passé mène à tout, à condition d’en sortir…

Et voilà ! Je vous ai laissés en plan, tout palpitants et tout désireux de connaître la suite.

Car la suite n’est pas un long fleuve tranquille. Mais pas un torrent fou furieux non plus.

Quelques bons points :

Le thème de la perte de mémoire, ou de la journée qui se répète, n’est pas nouveau. Mais la construction sous forme de journal permet de doser les révélations, de faire monter une certaine tension, principalement à cause des interrogations de Christine : qu’est-il arrivé ? Est-ce que ce qu’on lui dit est fiable ? Que lui cache-t-on ?

Cette mise en valeur des souvenirs, principalement par le biais du regard des autres, montre à quel point l’univers du personnage central est fragile. Elle ne peut compter que sur la mémoire des autres, ou uniquement sur ce qu’on lui raconte. Et sur ce qu’elle note. Ensuite, à elle de mener un jeu de piste pour démêler le vrai du faux.

Cette partie-là est donc très intéressante. Hors nos propres souvenirs, qui sommes-nous réellement ? Comment prendre une décision ?

Christine devient dépendante de l’objectivité (ou de la subjectivité) des autres…

C’est plutôt bien écrit. On se prend de sympathie pour le personnage principal, et avec elle, on tente de comprendre ce qui a pu se produire, et pourquoi plane une sensation troublante de menace, qui va en s’accentuant.

Jusqu’à la révélation finale ! Car il en faut bien une ! C’est un thriller, nom de nom !

Pour un premier roman, il y a de l’idée, et une manière de tisser l’intrigue plutôt réussie.

Pourtant je ne partage pas l’avis de nombre de critiques toutes plus élogieuses les unes que les autres.

La tension est loin d’être constante, et pour un roman qu’on a du mal à lâcher, d’après ce que j’ai pu en lire ici ou là, il m’est parfois tombé des mains…

Certes, j’avoue avoir deviné les grandes lignes (et une bonne partie des petites) de la chute finale aux alentours de la moitié du livre. Cela n’aide pas à être indulgent.

Pour un thriller, même psychologique, cette fin est très prévisible et quelque peu formatée. Il y a un arrière-goût de déjà-vu, et ça, je n’aime pas vraiment.

Parlez-moi d’une fin bien glauque et bien cynique, genre « elle perd son journal, mince, c’est vraiment trop moche, car…. »

Et là… avouez (pour ceux qui l’ont lu) que ça aurait quand même une autre allure, non ?

Bon, je vous quitte avant de me faire lapider par les aficionados de « Avant d’aller dormir ».

 

Pour résumer : c’est un premier livre, il n’est pas mal. Pour l’été, c’est parfait.

Ce n’est quand même pas la révélation de l’année.

C’est bien. Sans pour autant tomber en pâmoison.

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Commenter cet article

FLB 12/08/2011 23:06


Il m'est toujours aussi agréable de vous lire, et je suis heureux d'en avoir de nouveau l'occasion...
Voilà qui démarrait bien et l'on était prêt à aller se jeter sur le premier libraire venu afin de lui dérober ce livre. L'enthousiasme pondéré et nuancé de la fin du billet me laisse dubatif :
achèrerai-je, ou n'achetrai-je point ? Je trouverai peut-être, avant d'aller dormir et après cette ébauche de commentaire, une réponse dans l'article précédent... J'y vais de ce pas !